Plan du discours (compact)

Du binge drinking aux bolides hybrides, des lignes à haut débit aux livraisons de pizzas express... aujourd’hui, qui ne va pas vite perd son temps et son crédit. Toudi l’même pour ce qui est des prises de parole. Votre élocution est hésitante, vos transparents ne suivent pas, quelques minutes de panne PC, votre raisonnement ne va pas droit au but... et l’auditoire baille, gigote, regarde sa montre, chuchote, envoie des textos, lorgne du côté des waters, du buffet, de la sortie... et ne vous écoute plus. 

Droit au but ! le mot d’ordre absolu. Les orateurs prolixes (des incorrigibles bavards) n’ont plus la cote. Pas de précautions oratoires, de récapitulatifs, de fioritures. Du concret, du concis, du clair, du cadencé.

La prescription, un tantinet réductrice, « Limitez-vous à trois ou quatre idées fortes brièvement argumentées en des termes musclés, une intro choc, une conclusion énergique. » Dit comme ça, cela a l’air d’être bien plus facile et pratique que le plan classique. Et cependant, à y regarder de plus près, définir votre objectif en quelques mots, préciser les axes de votre discours, les exprimer de manière convaincante en style parlé, organiser le tout efficacement et, surtout, s’astreindre à une extrême concision*, exigent une sérieuse dose de réflexion, de recherches, de doutes, de réécritures.

Dans la pratique, le plan compact se trouve contenu dans la formule aide-mémoire Aïda, acronyme des mots  Accroche – Intérêt – Développement - Action. Vous accrochez l’attention de votre auditoire par une phrase d’introduction marquante. Ensuite vous suscitez son intérêt en présentant votre idée forte que vous développez, argumentez. Et vous terminez en poussant votre auditoire à passer à l’action.

* Alain Rey, le plus passionnant des lexicographes, directeur des Dictionnaires Le Robert, me dit un jour qu’il est beaucoup plus difficile d’écrire la définition d’un mot en une ligne qu’en une page. Donc, il ne faut pas croire, parce que l’on condense sa pensée, qu’il n’y a qu’à...

Ne faites jamais l’impasse sur une répétition. Vous ne vous le pardonneriez pas, votre auditoire non plus.

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