Plan du discours (classique)

Si je vous dis « rhétorique », vous pensez immédiatement vieux machin poussiéreux, ampoulé, rébarbatif, désuet... Faux ! La rhétorique est le plus sûr moyen de rédiger un bon discours.

En réaction, j’entends souvent « Moi, j’ai un plan tout simple : J’annonce ce que je vais dire, ensuite je dis ce que j’ai à dire et je termine en rappelant ce que j’ai dit ». Et bien, figurez-vous que c’est exactement, enfin dans les très grandes lignes, ce que nous prescrit la rhétorique.

Ci-après, vous trouverez un plan de discours archi classique et à la suite quelques lignes d’explications qui, à n’en pas douter, vous convaincront de travailler votre propos dans les règles. Pas de termes latins ni grecs, un maximum de concret.

Bien sûr, un toast en fin d’année ou le discours du père de la mariée ne demande pas la même rigueur qu’un discours d’entrée à l’Académie ou une défense de mémoire. Alors, faites votre marché, trouvez le moyen terme qui vous convient.

La rhétorique va substantiellement vous simplifier la vie !

L’invention

Avant tout, prenez le temps de la réflexion. Pensez à votre auditoire, aux circonstances dans lesquelles vous allez prendre la parole, définissez vos objectifs et rassemblez vos arguments, vos documents, vos preuves, vos anecdotes, les faits, les questions auxquelles il faut répondre... Vous devez disposer de tous les éléments, comme le disait Cicéron, pour « plaire (frapper les imaginations et faire appel à la morale), émouvoir (par la passion et la psychologie), prouver (par la logique et les preuves oratoires) ».

Le plan classique n’est qu’une proposition de base qui vous fait procéder avec ordre, méthode et il vous permet d’être le plus complet possible. Quand vous l’aurez bien en tête, vous en ferez tout naturellement une utilisation instinctive, spontanée suivant votre imagination.

 

3 parties

  1. L’introduction (l’entrée en matière + le sujet + le sommaire)
  2. Le corps (la narration + les arguments + la réfutation)
  3. La finale (un bref rappel + la conclusion)

L’introduction

L’entrée en matière (l’exorde)

Vos premières paroles, votre assurance, votre regard vont créer le climat. Votre auditoire se fixe sur sa première impression.

Quatre grands types d’introduction sont à votre disposition pour donner le ton, pour créer un climat, pour établir le contact avec votre auditoire :

  • ex abrupto (tout à trac, violent, véhément)
  • directe (calme face à un auditoire bien disposé)
  • pompeux (très officiel)
  • d’insinuation (rusé, entrée dans le sujet tout en douceur)

Faites preuve d’élégance et de réserve.

La proposition (l’annonce du sujet, fixez la thèse)

Dites en quelques mots ce dont vous allez parler

La division (le sommaire)

Donnez le sommaire dans les grandes lignes.

Le corps

La narration

Dites le déroulement des faits ou rapportez des anecdotes (exposition, noeud, dénouement). Préoccupez-vous toujours d’être clair.

La confirmation (les arguments)

Qui peut être considérée comme la pièce maîtresse de votre prise de parole.

Vous développez vos arguments utiles pour prouver votre thèse.

Vous avez à faire le choix dans le matériel que vous avez rassemblé au moment de la réflexion, à les disposer, à les traiter et à établir les liens entre eux pour former une trame solide. Mais, faites un usage modéré des systèmes d’argumentation (syllogisme, induction, dilemme, sorite, argument « ad hominem » ou « ab absurdo »...

On ne s’en rend pas très bien compte, mais les figures de rhétorique sont courantes dans la vie de tous les jours, elles nous viennent naturellement, spontanément :

  • « C’est choux verts et verts choux » est un chiasme
  • « Se faire une douce violence » est un oxymoron
  • « Une dame d’un certain âge » est un euphémisme
  • « Elle n’est pas laide du tout » est une litote
  • ...

Vous trouverez un tableau de quelques dizaines de figures oratoires en allant sur  le site :

www.alyon.org

Elles ont donc l’âge des mots, des tournures et des  idées qu’on leur insuffle. Si vous avez à coeur d’ajouter à vos paroles un supplément de force puisez dans cette panoplie, mais il en va de leur usage comme des ficelles de la vente ; si les interlocuteurs les remarquent, elles perdent peu ou prou de leur efficacité. La figure oratoire bien exploitée se fond dans le flot de paroles et produit ses effets discrètement, mais sûrement.

La réfutation

Vous abordez la partie la plus délicate (certains orateurs la placent parfois avant la narration)

Attachez-vous à détruire à l’avance toutes les objections que vous pouvez prévoir.

Réduisez les préjugés, les témoignages, les opinions fausses et les partis pris, les propos ironiques... Tout cela avec calme, sans esprit partisan et surtout aucune injure.

La finale (la péroraison)

Vous devez vous adresser à l’intelligence de votre auditoire.

Faites une synthèse récapitulative succincte de vos arguments et lancez un dernier appel pathétique aux sentiments, à l’âme de votre auditoire.

 

Si vous voulez affûter vos compétences, lisez des ouvrages traitant de la rhétorique ; ils vous aideront à radiographier les discours de nos aînés, à en comprendre et goûter les mécanismes subtils.

                                                                                                         ♦

Mais les recommandations de la rhétorique ne se limitent pas à la mise en place du texte du discours, style et ton compris. Il vous reste à savoir comment dire votre intervention. L’action oratoire, ce que Cicéron appelait l’éloquence du corps, va singulièrement dynamiser vos propos. Reportez-vous aux pages (carré bleu « Préparez-vous - Connais-toi toi-même ») de ce site sur la voix, la physionomie et les gestes.

Et n’oubliez pas qu’ensuite vous aurez à répéter vos prises de parole, au pire seul, au mieux face à votre répétiteur.

Ne faites jamais l’impasse sur une répétition. Vous ne vous le pardonneriez pas, votre auditoire non plus.

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