Le tri-test

Le grand orateur grec Démosthène
répétait ses discours face à la mer
la bouche pleine de cailloux
pour corriger un défaut de prononciation

L’Histoire ne dit rien sur l’état de ses dents, en revanche, ce qui est certain c’est que le fabuleux Démosthène répétait à l’envi ses discours. Vous préférez vous abstenir de l’étape « cailloux » ? Logique, mais pas question de faire l’impasse sur la répétition.

Faites donc le « tri-test » Mirabeau – Danton - Bossuet

Dites les textes suivants à voix haute, hurlez-les même si vous en ressentez l’envie ou le besoin. Imaginez-vous à la tribune de l’Assemblée  ou juché en chaire de vérité à Saint Denis et évaluez l’impact sur la foule, pas seulement des textes - ils ont fait leurs preuves - mais de votre ton, de votre débit, de votre puissance, de votre diction, de vos gestes, de vos attitudes, de votre regard.

Mirabeau à M. de Dreux-Brézé, le 23 juin 1789

« Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu’on a suggérées au roi ; mais vous, qui ne sauriez être son organe auprès de l’Assemblée nationale, vous qui n’avez ici ni place, ni voix, ni droit de parler, vous n’êtes pas fait pour nous rappeler son discours. Cependant, pour éviter toute équivoque et tout délai, je vous déclare que si l’on vous a chargé de nous faire sortir d’ici, vous devez demander des ordres pour employer la force. Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la puissance du peuple, et qu’on ne nous en arrachera que par la force des baïonnettes. »

Danton à l’Assemblée, le 2 septembre 1792

« Il est bien satisfaisant, messieurs, pour les ministres du peuple libre, d’avoir à lui annoncer que la patrie va être sauvée.
Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre. Vous savez que Verdun n’est point encore au pouvoir de vos ennemis. Vous savez que la garnison a promis d’immoler le premier qui proposerait de se rendre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième, avec des piques, défendra l’intérieur de nos villes. Paris va seconder ces grands efforts. Les commissaires de la Commune vont proclamer, d’une manière solennelle, l’invitation aux citoyens de s’armer et de marcher pour la défense de la patrie. C’est en ce moment, messieurs, que vous pouvez déclarer que la capitale a bien mérité de la France entière. C’est en ce moment que l’Assemblée nationale va devenir un véritable comité de guerre.
Nous demandons que vous concouriez avec nous à diriger ce mouvement sublime du peuple, en nommant des commissaires qui nous seconderont dans ces grandes mesures. Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne, ou de remettre ses armes, soit puni de mort. Nous demandons qu’il soit fait une instruction aux citoyens pour diriger leurs mouvements. Nous demandons qu’il soit envoyé des courriers dans tous les départements pour les avertir des décrets que vous aurez rendus.
Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée. »

Bossuet–Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, le 21 août 1670

« ... Considérez, Messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas. Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir. Leur élévation en est la cause; et il les épargne si peu, qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction. Il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque, comme vous le verrez dans la suite, Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit. Nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte !... »

Constat

Vous en convenez, l’exercice n’est pas toujours aisé et vous avez peut-être dû vous y reprendre à plusieurs fois avant de trouver le bon rythme, les bonnes respirations, le ton juste. Pensez à tout ce que vous n’avez pas pu capter de votre attitude avec ou sans micro, assis ou debout, avec ou sans pupitre, de vos gestes répétitifs, de votre audibilité à plus de trois mètres... Répéter une prise de parole en public est aussi important que de relire un contrat important avant de le signer.

Un nouvel outil de management

Répétiteur professionnel, je suis votre premier public et je vous livre en primeur la réaction probable de l’auditoire que vous avez à affronter : un journaliste seul en interview, voire plusieurs au cours d’une conférence de presse ; des auditeurs, des téléspectateurs ou une salle comble, pas nécessairement acquise à votre cause. Chacune de ces situations requiert des comportements particuliers. Posséder ces informations personnalisées agit comme l’une des meilleures potions anti-trac.

Et si vous êtes en transition de carrière, gardez bien présent à l’esprit que - à parcours équivalent - le candidat le mieux préparé à se présenter oralement s’impose.

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Ne faites jamais l’impasse sur une répétition. Vous ne vous le pardonneriez pas, votre auditoire non plus.

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